Nette baisse du marché des pyjamas 0-3 mois, forte hausse du marché des couches taille « adulte »

La France, ce pays où l’on aime toujours les paradoxes, se retrouve aujourd’hui à vivre un étrange ballet démographique qui ferait sourire n’importe quel statisticien, puisqu’on y observe simultanément une baisse continue du nombre de naissances, une augmentation surprenante du nombre de mariages et, bouquet de fleurs sur le cercueil, un nombre de décès qui dépasse désormais celui des bébés qui pointent timidement le bout de leur nez dans des maternités délaissées. On pourrait croire qu’un complot subtil est à l’œuvre, ourdi par quelque entité invisible qui aurait décidé que la procréation serait désormais réservée aux nostalgiques du siècle dernier tandis que l’amour officiel, matérialisé par l’anneau de mariage, connaîtrait un renouveau spectaculaire, comme si les Français s’étaient dit collectivement que, puisque la relève se fait rare, autant s’assurer au moins d’un partenaire pour trinquer au champagne et se photographier sur fond de fleurs artificielles.

Les maternités, autrefois bruyantes de cris de nourrissons et d’odeurs de bébé, se retrouvent aujourd’hui plus calmes, comme si la jeunesse française, après avoir longtemps été obsédée par l’idée de bâtir un empire personnel sur le modèle des franchises Disney, avait soudainement opté pour la simplicité et la tranquillité, préférant investir dans des cours de yoga ou des plantes d’intérieur plutôt que dans des poussettes, tandis que les boulangers et les fabricants de couches pour tout-petits peuvent à juste titre envisager une reconversion dans la pâtisserie pour adultes et les produits de soin pour seniors, car la population vieillit inexorablement et les chiffres officiels des décès, qui dépassent désormais ceux des naissances, rappellent avec une ironie cruelle que la vie est éphémère et que la jeunesse ne se rattrape pas à coups de contrats de mariage et de selfies sur Instagram.

Et c’est précisément cette juxtaposition absurde entre des mariages qui se multiplient avec une ferveur digne d’un film de Bollywood et des naissances qui s’étiolent lentement, comme des bougies qu’on oublie d’éteindre sur un gâteau trop grand pour être mangé, qui confère à la situation un parfum de comédie noire, car l’on se dit que les Français semblent avoir adopté une stratégie inverse de celle qui prévalait il y a encore quelques décennies, préférant sceller leur amour par un papier officiel et un dîner somptueux plutôt que par les pleurs d’un nourrisson et les nuits blanches qui en découlent, tout en acceptant stoïquement que le nombre de décès croissant les force à réfléchir à leur propre mortalité et à la nécessité de savourer chaque instant, chaque toast, chaque selfie et chaque fleur artificielle avec un mélange d’urgence et de désinvolture qui ne peut que faire sourire ceux qui, de l’extérieur, observent ce drôle de spectacle démographique avec un mélange d’étonnement et de ravissement.

En France, pays du romantisme et des latine lovers la natalité continue donc de baisser… mais les bébés, eux, n’ont visiblement pas attendu que leurs parents signent au guichet. Aujourd’hui, la plupart des naissances ont lieu hors mariage et hors PACS, comme si les nourrissons eux-mêmes refusaient d’entrer dans la vie par la porte de la mairie. On ne dit plus « ils se sont mariés et ont eu des enfants », mais plutôt « ils ont eu des enfants… et ils verront plus tard ». La cigogne, elle, ne demande aucun justificatif : ni livret de famille, ni contrat, juste une adresse de livraison et un minimum de bonne foi. Résultat : une France qui fait moins d’enfants, mais qui les fait de plus en plus librement – preuve que l’amour reste fécond, même quand l’administration est en retard sur la romance. 

En fin de compte, il y a quelque chose de profondément comique et humain dans cette situation où la France semble dire simultanément « nous voulons moins de bébés, plus de cérémonies et beaucoup plus de Champagne » tout en acceptant que le temps continue de s’écouler, que les corps vieillissent et que les chiffres, implacables, nous rappellent que la vie est un spectacle que l’on ne peut interrompre ni réguler, et que l’humour, la célébration et l’ironie demeurent nos meilleurs alliés pour naviguer dans cette valse un peu folle où les naissances, les mariages et les décès dansent ensemble sur une musique que personne ne contrôle vraiment.


Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *