Emmanuel Macron s’inquiète… et ce n’est pas pour sa succession. Selon lui, TikTok serait devenu un terrain de chasse privilégié pour les prédicateurs salafistes, où un jeune Français, innocemment curieux, pourrait se retrouver confronté à un discours radical… dès la troisième vidéo. La peur du troisième scroll, en somme.
Pour le vérifier, des journalistes ont créé un compte vierge, tapé « Islam » et attendu. La première vidéo met en scène un garçon qui explique que Dieu a créé la Terre, la Lune et le système solaire – un peu de science et de religion mélangées, façon TikTok. La deuxième vidéo se contente de diffuser un chant religieux dans la langue du prophète. Quant à la troisième vidéo, elle vous met face à Abu Shaima, prédicateur salafiste belge suivi par 150 000 personnes, qui déclare : « Si tu ne connais rien de l’Islam, il ne fallait pas faire d’enfants ». Et ce n’est pas de l’humour belge. Ah, la sagesse du troisième scroll. Pour Céline, c’était le troisième verre de vin qui était redoutable pour le pauvre, pour l’adepte de TikTok, c’est le troisième scroll qui tue.
Mais ce n’est que le début. Port du niqab, rupture avec les proches non croyants, refus de serrer la main des femmes… TikTok propose un cours accéléré de radicalité. Laurence Bindner, spécialiste de l’extrémisme en ligne, rappelle que l’algorithme adore ces contenus : plus de likes, plus de partages, plus de commentaires… donc plus de visibilité. L’algorithme, ce professeur zélé persuadé que la radicalité est le futur du divertissement.
En pratique, un jeune curieux qui tape « Islam » sur TikTok pourrait se retrouver avec une playlist salafiste avant même d’avoir compris la blague du chat qui parle. Et pendant ce temps, le président Macron observe, inquiet, et se demande si le prochain challenge viral ne sera pas « Apprends le Coran en 10 leçons » ou « L’Islam pour les nuls ».
Moralité : TikTok reste idéal pour des chorégraphies improbables de chats « instagrammés » ou des recettes de mugcake… mais pour un islam tranquille et pédagogique, mieux vaut ouvrir un livre. Ou demander conseil au grand rabbin de France – au moins, lui, ne vous proposera pas de niqab.

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