CAN à retardement : quand les Lions changent de cage…

Il aura donc fallu deux mois, quelques coups de fil feutrés, et une relecture très créative du règlement pour que la Coupe d’Afrique des nations change de propriétaire.

Le Sénégal, jusque-là triomphant, n’était en réalité que locataire provisoire du trophée. Une sorte de gardien de musée, chargé d’exposer la coupe avant restitution à son véritable destinataire : le Maroc.

On connaissait la VAR en direct, la VAR à froid, voici désormais la VAR à mémoire longue. Une innovation remarquable qui permet de rejouer un match… après l’avoir gagné.

Selon les nouvelles autorités du football continental, le penalty accordé au Maroc lors de la demi-finale – initialement considéré comme « généreux » – était en réalité « prophétique ». Une décision arbitrale en avance sur son temps, que la justice sportive n’a fait que confirmer, avec le recul nécessaire… de deux mois.

Du côté des surnoms, la situation prête à confusion : les Lions de la Teranga (Sénégal) avaient cru rugir les premiers, tandis que les Lions de l’Atlas (Maroc), eux, attendaient simplement que l’histoire soit réécrite.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : non pas d’un match, mais d’un récit. Et comme chacun sait, ce ne sont pas toujours les vainqueurs qui écrivent l’histoire… mais parfois ceux qui corrigent les copies.

Dans les rues de Dakar, on s’interroge : faut-il rendre les drapeaux, remballer les souvenirs, effacer les chants ? A Rabat, on célèbre avec élégance une victoire différée, comme un colis arrivé en retard mais parfaitement intact.

Certains puristes s’inquiètent : Si l’on peut retirer une victoire après coup, pourquoi ne pas attribuer la prochaine CAN avant même le coup d’envoi ?

La Confédération n’a pas encore répondu. Mais elle travaille, dit-on, sur une nouvelle formule : le classement prévisionnel rétroactif anticipé.

En attendant, une certitude demeure : Sur le continent africain, même les lions doivent désormais vérifier… à qui appartient vraiment la savane.


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