Ah, Jack Lang… éternel locataire du ministère, même des décennies après avoir rendu les clés.

Il y a chez lui quelque chose de délicieusement impérial, une posture à la Néron contemplant les flammes – non pas de Rome – mais de la file d’attente d’un cinéma. Comment ? Lui, faire la queue ? Lui, qui distribua jadis la culture comme un empereur distribue le pain et les jeux ?

On imagine son indignation sincère : après avoir institué la Fête de la musique, il faudrait désormais patienter comme un simple mortel pour voir un film ? Quelle décadence de la République ! A ce rythme, demain, on lui demandera peut-être… d’acheter son billet.

Il y a chez certains anciens ministres une étrange suspension du temps : ils ne quittent jamais vraiment leurs fonctions, ils les prolongent en eux-mêmes, comme un titre de noblesse invisible. Le monde change, les files s’allongent, mais eux restent persuadés que la culture leur doit encore un accès prioritaire – comme un vestige de cour, au milieu d’une démocratie.

Et pendant ce temps-là, le peuple, lui, attend. Mais sans lyre, sans toge, et surtout sans illusion.


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