Le luxe prend l’avion, les animaux restent au sol

Pendant des années, ils ont photographié leur vie parfaite à Dubaï : piscine à débordement, Lamborghini louée pour la journée, brunchs à 200 euros et coucher de soleil sur le désert. Le tout accompagné d’un petit chien exotique et instagrammable, tenu dans les bras, accessoire indispensable de l’influence moderne.

Et puis la guerre est arrivée.

Lorsque les tensions au Moyen-Orient se sont intensifiées et que des missiles ont frappé les Emirats arabes unis, des milliers d’expatriés ont quitté précipitamment Dubaï. Mais une crise plus discrète est apparue : celle des animaux abandonnés. Des refuges comme K9 Friends ou Dubai Street Kitties disent être submergés par l’arrivée de chiens et de chats laissés derrière eux par des propriétaires paniqués, pressés de prendre l’avion. « Un chien, dit-on, est prêt à traverser une guerre pour rester avec son maître. Certains maîtres, eux, ne traversent même pas un aéroport avec leur chien. »

Dans certains cas, les scènes sont surréalistes : chiens attachés à des poteaux, chats enfermés dans des cartons ou abandonnés dans des appartements vides. Les vétérinaires expliquent même recevoir des demandes d’euthanasie pour des animaux pourtant parfaitement en bonne santé.

Mais le scandale a pris une dimension particulière lorsque plusieurs influenceurs installés à Dubaï ont été accusés d’avoir laissé leurs animaux derrière eux en quittant l’émirat.

La Française Maddy Burciaga s’est ainsi retrouvée au centre d’une polémique après avoir expliqué qu’elle avait laissé son chien à Dubaï avec une nounou, invoquant notamment « trop de paperasse » pour l’emmener avec elle lors de son départ pour l’île Maurice.

Sur les réseaux sociaux, la réaction a été immédiate. Des associations de protection animale ont dénoncé un comportement révélateur d’une certaine vision de l’animal : adorable sur Instagram, encombrant dans une valise.

L’influenceuse s’est défendue en affirmant qu’il ne s’agissait pas d’un abandon mais d’un simple séjour temporaire et que le chien était bien pris en charge. Mais le débat, lui, a déjà pris une dimension symbolique.

Car l’affaire dépasse largement un cas individuel. Elle met en lumière une contradiction assez contemporaine : une génération qui filme en continu ses démonstrations d’amour pour ses animaux… jusqu’au jour où un billet d’avion devient plus urgent qu’une laisse. Ainsi se termine parfois le conte de fées du « Dubai lifestyle » : les sacs de luxe prennent l’avion, les chiens restent sur le tarmac.


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