Catégorie : Littérature
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Réenchanter la lecture : urgence culturelle ou défi de civilisation ?
Les chiffres ont la brutalité des évidences : en moyenne, les jeunes consacrent 18 minutes par jour à la lecture, contre trois heures passées sur les écrans. Le constat est souvent posé sur le ton du déclin, parfois de la lamentation. Mais encore faut-il bien poser le diagnostic avant de proposer un remède, car la…
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Le procès du service public à l’ombre des empires médiatiques.
Il n’est pas inintéressant de revenir sur une récente actualité et mettre en perspective les travaux de la commission parlementaire dont le rapporteur Charles Alloncle s’est comporté en Torquemada au petit pied et la récente éviction d’Olivier Nora. Il est des commissions parlementaires qui éclairent ; d’autres qui cadrent. Celle dont Charles Alloncle est le…
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Grasset : l’édition sous tutelle : « Je suis chez moi et je fais ce que je veux » (Bolloré)
Le séisme qui traverse aujourd’hui le monde de l’édition française ne saurait être réduit à un simple changement de direction, tant il révèle une fracture profonde entre deux conceptions désormais inconciliables : celle qui considère la maison d’édition comme un lieu de pluralisme intellectuel, ouvert à la diversité des voix, et celle qui la transforme…
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L’éviction d’Olivier Nora : le prix du refus.
Aux éditions Grasset, on ne congédie pas un dirigeant pour un simple désaccord littéraire. Lorsqu’un éditeur du poids d’Olivier Nora – vingt-six ans à la tête de la maison – est brutalement poussé vers la sortie, c’est qu’un seuil a été franchi. Et ce seuil, en l’espèce, n’est ni esthétique ni éditorial au sens strict…
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Bolloré ou la reconfiguration idéologique du champ éditorial.
La reprise en main de Fayard et de Grasset par le groupe de Vincent Bolloré ne relève plus d’un simple mouvement capitalistique. Elle s’apparente désormais à une stratégie d’ensemble : installer durablement une hégémonie idéologique dans le champ culturel. La séquence récente du Salon du livre en a offert une illustration presque caricaturale. Emmanuel Macron…
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Lire à l’ère du zapping : la défaite silencieuse de l’attention.
Il est des effondrements qui ne font pas de bruit, qui ne provoquent ni manifestations ni débats enflammés, et qui pourtant transforment en profondeur une société entière, car lorsque la lecture recule au point de devenir marginale chez les jeunes, ce n’est pas seulement une pratique culturelle qui disparaît, mais une manière de penser, de…
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Grasset, Bolloré et la littérature sous tutelle.
Le départ d’Olivier Nora de la tête des Editions Grasset ne constitue pas une simple transition managériale, mais un véritable basculement dans l’histoire récente de l’édition française. Pendant plus de vingt-cinq ans, Nora a incarné une certaine idée du métier d’éditeur, faite de fidélité aux auteurs, de goût pour la littérature et d’une relative autonomie…
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Marylin et le Petit Prince : entre l’éclat et l’invisible.
Il est des figures qui ne vieillissent pas : elles se déplacent dans le temps comme des énigmes que chaque époque reformule à sa manière. Cette année, Marilyn Monroe aurait eu cent ans – à condition que quelqu’un ait pensé à allumer les bougies. Et le Petit Prince, lui, en a quatre-vingts, assis sur sa…
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La littérature de la serpillière – ou l’art de tourner les pages sans lever les yeux.
Il faut bien se rendre à l’évidence : Freida McFadden n’écrit pas des romans, elle fabrique des produits d’appel. Des objets littéraires calibrés pour être avalés dans le train, oubliés sur une table basse et remplacés aussitôt par le volume suivant, rigoureusement semblable au précédent à deux prénoms près. Et pourtant, miracle éditorial ou symptôme…
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Houellebecq et Foenkinos.
Il y a deux façons de regarder le monde. La première consiste à observer que tout va mal, à considérer l’amour comme une illusion thermodynamique, un simple frottement d’épidermes, et à conclure que l’humanité s’enfonce lentement dans une fatigue sans remède. Dans ce registre, Michel Houellebecq s’impose avec la régularité d’un bulletin météo qui annoncerait…
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Boualem Sansal ne manque ni d’air ni de sel.
Il est des trajectoires qui, à force de vouloir demeurer exemplaires, finissent par révéler surtout leur plasticité, et celle de Boualem Sansal, telle qu’elle se redessine aujourd’hui à la lumière des enquêtes minutieuses publiées notamment par Libération, offre un cas presque chimiquement pur de recomposition simultanée – diplomatique, éditoriale et idéologique – tant il apparaît…
