Auteur/autrice : Bertrand LEPETIT
-
Hongrie : la victoire de Magyar ou la fin d’un cycle
Il aura fallu seize années de pouvoir quasi ininterrompu pour que le système Orbán vacille – et finalement tombe. La victoire de Péter Magyar aux élections législatives hongroises, dimanche 12 avril, marque bien davantage qu’une alternance politique : elle scelle la fin d’un régime, d’une méthode et, peut-être, d’une illusion. Car Viktor Orbán n’était pas…
-
Marylin et le Petit Prince : entre l’éclat et l’invisible.
Il est des figures qui ne vieillissent pas : elles se déplacent dans le temps comme des énigmes que chaque époque reformule à sa manière. Cette année, Marilyn Monroe aurait eu cent ans – à condition que quelqu’un ait pensé à allumer les bougies. Et le Petit Prince, lui, en a quatre-vingts, assis sur sa…
-
Trump : l’idiosyncrasie d’un idiot qui se rêvait roi du monde.
Il y a, chez Donald Trump, quelque chose qui déconcerte d’abord, puis intrigue, avant de finir par inquiéter : cette capacité à dire le monde avec une poignée de mots, comme si la complexité elle-même avait été congédiée, renvoyée à ses prétentions inutiles, à ses détours suspects. Là où d’autres convoquent nuances, subordonnées et métaphores,…
-
La Lune n’est plus un rêve, c’est un marché.
Dans ma prime jeunesse, l’humanité levait les yeux vers la Lune comme on contemple un mystère. Une présence silencieuse, immuable, presque consolante. Elle n’était à personne, et c’était précisément ce qui la rendait universelle. Puis vinrent les fusées, les drapeaux, les bottes dans la poussière, et l’on crut, un instant, que la conquête resterait une…
-
La littérature de la serpillière – ou l’art de tourner les pages sans lever les yeux.
Il faut bien se rendre à l’évidence : Freida McFadden n’écrit pas des romans, elle fabrique des produits d’appel. Des objets littéraires calibrés pour être avalés dans le train, oubliés sur une table basse et remplacés aussitôt par le volume suivant, rigoureusement semblable au précédent à deux prénoms près. Et pourtant, miracle éditorial ou symptôme…
-
Le 1er mai ou la tentation du tiroir-caisse.
Il est des symboles que l’on croit intouchables, des reliques laïques que la République expose comme des vitrines d’un autre âge, poussiéreuses mais respectées, faute d’avoir trouvé le courage de les briser. Le 1er mai appartenait à cette catégorie rare, ce jour unique où même le capital consentait, du bout des lèvres, à se souvenir…
-
Nice, la glace et le grand dégel idéologique.
Il y a des projets qui patinent. Et puis il y a ceux qu’on démonte méthodiquement, pièce par pièce, comme un pull dont on tire le fil, dans une opération de détricotage devant laquelle Pénélope elle-même se serait inclinée. A Nice, la future patinoire olympique – 80 millions d’euros de glace vive – n’aura peut-être…
-
Sarkozy : le tome II que l’ancien Président ne veut pas écrire.
Il fut un temps où Nicolas Sarkozy, entre deux convocations judiciaires, semblait avoir trouvé dans l’épreuve un filon littéraire d’une rare fécondité. La contrariété lui inspirait des pages, la contrainte affinait le style, et l’expérience – bien réelle – de la prison de la Santé, où il séjourna trois semaines durant, lui offrit ce que…
-
Mélania Trump et l’extincteur médiatique.
Il est des coïncidences qui ont la délicatesse des éléphants dans un magasin de porcelaine. A peine le feu commence-t-il à lécher les fondations politiques de Donald Trump que surgit, avec la précision d’un communiqué bien calibré, la voix de Melania Trump. Une voix posée, presque détachée, venue dire ce qui n’est pas, ce qui…
-
Le cheval de Troie de la Russie, risque fort de rentrer à l’écurie.
Pendant des années, Viktor Orbán a été considéré comme une pièce maîtresse sur l’échiquier européen. Un cavalier audacieux, disait-on, capable de franchir les lignes, de contourner les règles, et, au besoin, de faire entrer dans la citadelle européenne quelques influences venues de l’Est, soigneusement dissimulées sous la robe d’un patriotisme rugueux. Mais voilà que le…
-
Christian Estrosi : le rebond
Il est des carrières politiques qui ressemblent à ces fleuves méridionaux : on les croit taris, asséchés par les revers, réduits à quelques flaques résiduelles sous un soleil électoral impitoyable, et puis, à la faveur d’un orage institutionnel, les voilà qui débordent à nouveau, retrouvant leur lit comme si de rien n’était. Ainsi en irait-il,…
-
Eloge de la lenteur : le temps long contre la tyrannie de l’instant.
Il arrive parfois que le progrès prenne la forme d’une promesse si séduisante qu’elle en devient presque suspecte. Ce matin, entre une actualité déjà trop pleine et un café encore trop chaud, une publicité surgit avec l’assurance des évidences modernes : il serait désormais possible d’écrire un roman en quatre heures grâce à l’intelligence artificielle.…
-
Rima Hassan, ou la stratégie du brouillard intégral.
Il est des séquences politiques qui ressemblent à des démonstrations. Non pas des démonstrations de vérité, mais des démonstrations de méthode. L’affaire impliquant Rima Hassan en est une, presque scolaire, tant elle permet d’observer comment un ensemble de faits précis peut progressivement disparaître derrière un nuage savamment entretenu. Car les faits, eux, sont là, têtus,…
