Catégorie : Trump et politique USA
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Le cheval de Troie de la Russie, risque fort de rentrer à l’écurie.
Pendant des années, Viktor Orbán a été considéré comme une pièce maîtresse sur l’échiquier européen. Un cavalier audacieux, disait-on, capable de franchir les lignes, de contourner les règles, et, au besoin, de faire entrer dans la citadelle européenne quelques influences venues de l’Est, soigneusement dissimulées sous la robe d’un patriotisme rugueux. Mais voilà que le…
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La parole performative de Trump : la fabrique d’un triomphe fictif.
On se pince parfois en entendant proclamer qu’il y aurait, dans ce désastre, un « grand vainqueur ». A force de répéter le mot, on finit par lui faire perdre jusqu’à son sens. Il ne reste plus qu’une coquille sonore, une sorte de trophée creux brandi devant les caméras, pendant que les ruines, elles, ne…
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Quand la guerre s’attaque à l’esprit : de la parole dégradée aux universités bombardées
Il fut un temps où les mots, même en période de tension extrême, conservaient une fonction de digue. Ils contenaient encore, dans leur excès même, la conscience diffuse que nommer l’adversaire, ce n’était pas encore le nier. Ce temps semble s’éloigner. À mesure que les crises internationales s’enveniment, la parole politique se libère de ses…
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Les victoires imaginaires : chronique d’un cessez-le-feu triomphal.
Il fallait bien une victoire, peu importait qu’elle fût réelle ou fabriquée, pourvu qu’elle puisse être proclamée avec assez d’assurance pour s’imposer au récit collectif ; ainsi Donald Trump s’est-il employé à transformer une sortie contrainte d’un enlisement manifeste en succès éclatant, faisant du cessez-le-feu de quinze jours non pas l’aveu d’une impasse, mais la…
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« Une civilisation entière pourrait mourir en une nuit » : quand la parole annonce la nuit
Il est des phrases qui ne relèvent plus de la politique, mais de la sidération. Lorsque Donald Trump, ce mardi 7 avril, affirme qu’ « une civilisation entière pourrait mourir en une nuit », ce n’est pas une outrance de plus dans le vacarme habituel du monde : c’est un basculement. Une ligne invisible est…
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De la guerre pour « libérer » à la guerre contre un peuple : l’illusion américaine.
Il est des guerres qui commencent par une promesse. Celle, noble en apparence, de libérer un peuple, de le délivrer d’un régime jugé oppressif, de lui offrir enfin les conditions de sa propre souveraineté. L’histoire récente en a donné de multiples exemples, toujours portés par la même rhétorique, toujours enveloppés dans le même langage :…
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Conférence de presse de Trump : la liturgie des armes.
Il fut un temps où les Etats-Unis prétendaient séparer, au moins en théorie, le politique du religieux. Cette frontière, souvent poreuse, avait néanmoins le mérite d’exister dans les discours. Elle semble aujourd’hui dissoute dans une rhétorique nouvelle, où la puissance militaire se pare d’un vernis mystique et où chaque opération devient l’occasion d’une confirmation céleste.…
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Le limogeage de Pam Bondi : « You are wired ».
Il fallait bien que cela arrive : à force de manier les dossiers sensibles comme des valises diplomatiques — qu’on ouvre à moitié, qu’on referme vite, et qu’on égare opportunément — Pam Bondi a fini par trébucher sur celui qu’on ne referme jamais vraiment, l’ombre persistante de Jeffrey Epstein. Son éviction par Donald Trump n’a…
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Trump, ou la diplomatie du caniveau
Il fut un temps où la parole présidentielle américaine, même lorsqu’elle se déployait dans des contextes de tension extrême, s’efforçait de conserver cette gravité maîtrisée, presque liturgique, qui lui conférait à la fois autorité et lisibilité, de sorte que chaque mot, pesé avec soin, participait d’un équilibre fragile entre démonstration de puissance et préservation des…
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Quand la guerre devient croisade : l’Amérique au miroir de sa foi.
Il fut un temps où les Etats-Unis revendiquaient une séparation, au moins théorique, entre le politique et le religieux. Une ligne de principe souvent contournée, mais encore invoquée comme fondement. Ce temps semble s’éloigner. A mesure que certaines figures issues des médias et de l’idéologie s’installent au cœur de l’appareil d’Etat – jusqu’au Pentagone –…
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Trump ou l’art de gagner avant même que l’histoire ne commence
A peine l’information connue, Donald Trump a déjà commencé à en écrire la conclusion : la récupération d’un pilote américain tombé en territoire hostile devient, dans son récit, non pas une opération militaire ou diplomatique, mais une victoire personnelle. Rien de surprenant. Chez lui, le réel n’est jamais qu’une matière première destinée à être remodelée…
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Quand la géopolitique devient scénario : déjà Hollywood sur le coup
A peine l’opération d’exfiltration d’un pilote américain en territoire iranien est-elle confirmée que, déjà, une autre machine s’emballe. Plus discrète, mais tout aussi redoutable : celle d’Hollywood. Selon des indiscrétions qui circulent à Los Angeles, Paramount Pictures aurait lancé en urgence le développement d’un projet de long-métrage inspiré de l’opération. Le titre de travail, « Extraction Strait »,…
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Les oubliés utiles.
Il y a, dans chaque guerre, des victimes visibles et des disparus médiatiques. Les premières occupent les écrans, alimentent les cartes, les analyses, les débats en plateau. Les seconds, eux, disparaissent dans les angles morts, relégués au rang de variables secondaires, comme si leur sort dépendait d’un arbitrage implicite entre l’urgence du moment et l’attention…
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Du désert iranien à Mogadiscio, jusqu’au pilote disparu : l’Amérique rejoue toujours la même scène
L’histoire américaine des opérations extérieures ressemble parfois à une pièce dont on connaît déjà les actes, les décors et, souvent, la chute. Il y eut d’abord le désert iranien de 1980, avec l’Operation Eagle Claw, ses hélicoptères désorientés par une tempête de sable, ses machines défaillantes et cette collision absurde qui transforma une mission de…
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Trump : la vulgarité comme politique étrangère et l’inculture comme méthode
Il est toujours tentant, pour Donald Trump, de transformer le moindre détail en matière à sarcasme, et l’on ne sera guère surpris qu’il se soit saisi d’une séquence montrant Emmanuel Macron et son épouse à la descente d’un avion pour alimenter ses plaisanteries de cour d’école, suggérant, sur le ton qu’on lui connaît, une scène…
